Le nettoyage de la moelle
1. Histoire
L’histoire et la forme du « nettoyage de la moelle » sont sujets à controverses. Voici brièvement l’histoire du moine Da Mo, né autour de l’année 440 à Kanshi, capitale de Palava, royaume du sud de l’Inde. Par sa naissance, étant fils du roi Simharvarman, il faisait partie de la haute classe brahmanique. Il était Brahmane mais également Kshatriya, de la classe des guerriers. Les relations que le roi entretenait avec le guru Prajnatara, qui était le 27ème patriarche du bouddhisme indien, inclinèrent Bodhidarma (Da Mo) à s’engager sur le chemin du Bouddha. Il fut plus tard encouragé à aller enseigner en Chine.
Il arriva là-bas aux alentours de l’an 475, il était alors âgé d’environ 35 ans.
A cette époque, la Chine comptait environ 2000 temples bouddhistes dans le sud et quelque 6500 dans le nord. D’autres recensements en donnent même une estimation encore plus haute. Quel que soit le nombre, l’enseignement de Bouddha avait déjà eu un grand impact sur la culture chinoise quand Bodhidharma arriva, il ne fut donc pas le premier missionnaire bouddhiste en Chine.
Une autre version des événements (« Transmission de la lampe » de Tao Yuan) décrit l’arrivée de Bodhidharma en Chine environ quatre-vingt années plus tard, ayant accepté une invitation de l’Empereur Wu de la dynastie Liang.
Dans cette version, l’empereur demanda à Bodhidharma qu’il lui transmette les enseignements du Bouddha. Simplement, Bodhidharma s’en fut, incarnant ainsi le reflet des plus hauts enseignements de sunyata – tous les phénomènes sont vides par essence ; un exemple de la tradition d’indication directe Cha’an (qui deviendra la tradition Zen au Japon) sans mots ni écritures.
Durant ses premières années passées en Chine, le monastère de Shaolin fut construit (apparemment pour un autre maître de méditation) et Bodhidharma y forgea sa réputation en restant assis dans une grotte pendant six, sept ou neuf ans de suite selon diverses sources. Shaolin était à l’origine un temple dédié à la méditation. Cependant, il devint et est toujours célèbre pour l’entraînement martial de ses moines : Bodhidharma est reconnu comme ayant établi cette tradition.
Il y a beaucoup d’autres histoires du célèbre moine Da Mo, et sans aucun doute, d’autres détails de sa vie et d’autres enseignements émergeront : « Le chemin est parfait. Il ne nécessite aucun perfectionnement. Il n’a ni forme ni son… »
Patriarche de millions de bouddhistes zen, d’étudiants de Shaolin, d’étudiants en Qi Gong, Da Mo est probablement plus connu maintenant qu’il ne l’était de son vivant.
Il est impossible de séparer les faits réels de la fiction. C’est ainsi que vous est offert ce mélange inspiré de faits et de légendes appelé : « Changer les muscles et nettoyer la moelle épinière » de Bodhidharma. L’homme, la légende, l’énergie nous portent à nous ouvrir à cette transmission et à trouver pour nous-mêmes la vérité de ces enseignements dans le corps physique.
2. Les formes
La version proposée par Ram est une forme basique composée de 24 mouvements. Certains sont des postures statiques effectuées debout, d’autres mobilisent le corps entier. Tous les mouvements contiennent des aspects yin et des aspects yang. Certains sont explosifs alors que d’autres sont très doux. Au niveau externe, la contemplation de cette forme est d’une grande beauté.
Cet entraînement convient autant à des jeunes qu’à des personnes plus âgées. Il convient aussi bien à ceux qui désirent cultiver la tranquillité intérieure qu’à ceux qui travaillent leur force externe ; également à ceux qui cherchent une application des principes du Tao ; à ceux qui souhaitent rencontrer leur être profond.
Ces mouvements conduisent vers l’intérieur. Au niveau corporel, ils conduisent aux os et à la moelle. D’un point de vue taoïste, et au niveau de l’esprit, ils conduisent au canal central ; du point de vue bouddhiste, ils conduisent à l’espace dans lequel naissent les phénomènes, à la conscience qui peut percevoir cet espace et au vide de cet esprit, au delà de la frontière entre perception et non-perception. Ce sont cependant des aspects du travail auxquels il est fait allusion rapidement, mais qui prendront une vie entière à pratiquer. Ils sont en entière concordance avec les philosophies, pratiques et sciences bouddhistes et taoïstes.
« Un élément de guérison rare est présent dans cette pratique : il m’a été enseigné par Burgs et depuis les trois dernières années, il m’est apparu clairement qu’il est accessible à quiconque grâce à cet enchaînement de mouvements. » (Ram) Cet aspect de guérison est rendu clair de manière aussi poussée que possible : il amène les mouvements à leur plus haut degré de pratique, jusqu’à toucher la moelle et le centre qui fabrique le matériel cellulaire du sang et du Qi. Un aperçu est suffisant pour initier le processus, la suite dépend de l’application régulière du pratiquant.
3. Quelques principes
Un des principes est de permettre au muscle qui travaille de se transformer : de changer dans le moment. C’est une manœuvre de flexibilité, l’esprit entrant progressivement dans le corps et encourageant les points de stress à se dissoudre.
Au lieu que le stress reste concentré sur un ou deux groupes de muscles, le corps s’ouvre, s’unifie, permettant à l’organisme entier de soutenir le stress de façon répartie. Ainsi, le stress diminue et l’efficacité augmente. Aucune partie isolée ne porte la charge entière.
Cet aspect à lui seul permet au corps et à l’esprit de commencer à s’harmoniser et à embrasser le principe du Qi sain : si le Qi se déplace et circule, c’est sain et la longévité et la résistance à la maladie augmentent.
Un autre principe est que les muscles et les tendons en changeant et en se transformant, prennent de la force et deviennent une partie de la carte offerte aux trajets du Qi dans le corps. Tandis que les muscles et les tendons peuvent changer en termes de force, de flexibilité et d’endurance, ils changent également au niveau du Qi : les chemins internes commencent à s’ouvrir et le Qi circule le long de voies initialement ressenties et développées dans les muscles et les tendons. Nous nous déplaçons du grossier au subtil tandis que l’esprit devient plus capable et plus entraîné. En parallèle, la pratique purifie le corps et l’esprit de l’énergie stagnante.
La forme contient des éléments permettant de recevoir le Qi directement dans la moelle, ainsi que de libérer le Qi stagnant à des niveaux de plus en plus profonds. Respirer le Qi et le diriger directement dans la moelle est possible par la pratique du nettoyage de la moelle.
Un troisième principe est que toutes les parties du corps sont supportées et nourries par le Qi. Un excès dans une partie du corps peut être nuisible à une autre partie du corps ; trop d’accent mis sur certaines parties du corps ou certains types de mouvement peuvent aussi avoir un effet nuisible. La forme utilise et met en mouvement chaque groupe de muscles, tendons et ligaments ; tous les méridiens deviennent apparents, tous les organes en profitent. Il s’agit du cadeau de Da Mo et cette tradition est toujours vivante.
Le nettoyage de la moelle présente un aspect encore plus subtil : idéalement, cette forme se pratique sur plusieurs années, permettant à chaque couche de subtilité de se développer tout à fait naturellement et de mûrir. Dans son expression la plus aboutie, le lavage de la moelle permet au corps unifié, de s’unifier avec l’environnement externe, le cosmos et, au delà, avec le vide de tous les phénomènes. Une fois l’esprit suffisamment raffiné, l’accès à l’énergie devient illimité, quand l’attention sage a été minutieusement appliquée au complexe corps-esprit-être.
En tant que principe guérissant, il n’y a pas mieux. Se rendre au principe suprême permet de l’aborder concrètement à travers le corps. C’est un aperçu de l’union. Où l’union peut-elle avoir lieu sinon à travers le corps ?
Et voici où la forme et le sans forme peuvent être expérimentés comme un. Un certain accent est mis sur l’ouverture des méridiens comme conduit pour le Qi et également sur le centre du coeur comme conduit permettant de percevoir directement les enseignements sur le vide.
Pour les Guerriers Chercheurs
Le nettoyage de la moelle est une application pratique du Sûtra du Coeur et du plus long Sûtra du Diamant. Pour les personnes familiarisées avec les Sûtras du Coeur et du Diamant, voici une occasion rare de faire l’application pratique de ces enseignements.
